Au Japon, la nouvelle année se célèbre avec le mochi, un dessert à base de riz gluant. Découvrons ensemble cette spécialité encore méconnue en France.
Au pays du Soleil levant, savourer des mochis pour accueillir la nouvelle année est une tradition de choix. Contrairement à d'autres pays asiatiques, les Japonais se basent sur le calendrier grégorien, ce qui signifie que la saison du mochi est à son apogée en janvier. Mathilda Motte, fondatrice de La Maison du Mochi, nous guide pour mieux comprendre cette spécialité nippone.
Les mille et une variétés d'un dessert millénaire
Pour les novices, le mochi est élaboré à partir de riz gluant, de sucre et d'eau, tirant ses origines de la riziculture japonaise, il y a environ deux millénaires. Sa conception exige un savoir-faire particulier : "Le riz, cuit à la vapeur, est écrasé longuement dans un mortier traditionnel appelé usu", explique Mathilda. Ce délice appartient à la vaste famille des wagashi, pâtisseries traditionnelles japonaises. Sur les marchés, on trouve divers types de mochis : dango (boulettes sur brochette), daifuku (boules fourrées), gyuhi (plus tendre), et des desserts sacrés comme le kagami mochi. Bien que le mochi glacé soit populaire en Occident, il est peu prisé au Japon, où les variétés traditionnelles restent de mise.
Les traditions du Nouvel An au Japon
Alors qu'en France, la galette des Rois est un classique de janvier, au Japon, le mochi est une incontournable des célébrations du Nouvel An. Le daifuku, fourré à la pâte de haricots, signifie "grande chance" et est consommé pour attirer la chance durant l'année nouvelle. Le kagami mochi, composé de deux boules superposées surmontées d'un daidai (petit agrume japonais), incarne le symbole festif de cette période. Son rituel de préparation est minutieux : "Le kagami mochi est exposé sur l'autel familial pour être ensuite découpé et grillé au feu", nous raconte Mathilda. Une fois cuisiné, il offre une texture fondante semblable à celle d'une mozzarella, arrosé de shoyu (sauce soja) lors de la dégustation.
Le daifuku, favori des Japonais
Le mochi daifuku est la version la plus prisée au Japon, souvent représentée par des emojis. Cette boule, faite de riz gluant, contient traditionnellement une garniture de pâte de haricots, qu'elle soit anko (pâte de haricots azuki) ou shiroan (pâte de haricots blancs). Mathilda précise que ces parfums sont très appréciés au Japon. Bien que ce mélange puisse surprendre certains Occidentaux, il s'avère être une option saine : "Le daifuku est entièrement végétal et sans graisse", souligne-t-elle, ce qui le rend compatible avec divers régimes alimentaires.
À La Maison du Mochi, on se spécialise dans le daifuku, mais la créativité va au-delà de la pâte de haricots. Mathilda intègre des saveurs françaises comme l'amande, le chocolat ou la noisette pour séduire les palais français. "Ces goûts familiers rendent les gens plus ouverts à explorer cette spécialité", affirme-t-elle. Avec la montée en popularité des mochis, renforcée par Instagram, beaucoup de gourmands éprouvent un nouvel intérêt pour ce délice encore relativement méconnu en France.
(1) La Maison du Mochi, 39 rue du Cherche-Midi, 75006 Paris. Tél. : 02.47.34.05.59.







