À l'horizon 2050, une étude révèle une augmentation potentielle de 19 millions de cas de cancers en Chine, attribuée à la consommation de riz contaminé par l'arsenic. Ce fécule, pilier de l'alimentation, pourrait voir ses risques accrus par le changement climatique, selon des chercheurs américains et chinois publiant leurs découvertes dans The Lancet.
Les dangers de l'arsenic dans le riz
Le riz, aliment de base dans de nombreuses cuisines du monde, contient naturellement de petites quantités d'arsenic, un élément connu pour son association avec des cancers des poumons, de la peau et de la vessie. L'arsenic se présente sous deux formes : organique et inorganique, avec cette dernière étant beaucoup plus toxique, comme l'explique le chirurgien cancérologue Jérémy Zeitoun. Le changement climatique pourrait favoriser l'accumulation d'arsenic, notamment sous sa forme inorganique dans le riz.
Comment le climat influence l'absorption d'arsenic
Les chercheurs ont mené des expériences en simulant les conditions climatiques de 2050, caractérisées par des niveaux accrus de dioxyde de carbone et une élévation de 2°C. Ils ont constaté que le riz cultivé dans ces conditions accumule plus d'arsenic. Cela s'explique par la biodisponibilité accrue de l'arsenic dans le sol, un phénomène favorisé par le climat. Au fur et à mesure que les températures augmentent, la croissance des plants est stimulée, ce qui entraîne une absorption accrue d'éléments, y compris l'arsenic, par les racines des plantes.
Stratégies pour limiter l'exposition à l'arsenic
En France, la réglementation sur la sécurité alimentaire reste stricte, garantissant des niveaux d'arsenic bien en dessous des seuils considérés comme dangereux. Cependant, pour ceux qui souhaitent réduire leur exposition, surtout dans des régions avec une régulation moins rigoureuse, voici quelques recommandations :
- Rincez le riz : Laver le riz à l'eau claire élimine les résidus de surface, y compris l'arsenic.
- Engagez-vous vers le riz basmati : Ce type de riz, souvent cultivé en Inde ou au Pakistan, présente des niveaux d'arsenic plus bas comparés au riz américain.
- Variez vos sources de féculents : Introduire des alternatives comme le quinoa ou la patate douce dans votre alimentation peut réduire l'exposition globale à l'arsenic.
En continuant de surveiller ces développements, la recherche pourrait aboutir à la création de variétés de riz génétiquement modifiées, présentant une capacité réduite d'absorption d'arsenic, renforçant ainsi la sécurité alimentaire à long terme.







