Impact environnemental, respect du bien-être animal, qualité des produits... Les incitations à consommer moins de viande se multiplient. Explorons ces enjeux contemporains.
La traditionnelle entrecôte-frites, emblème des brasseries françaises, est-elle en voie de disparition ? Ce débat agite les esprits et peut même influencer vos repas de famille. Entre le jeune végan et l'oncle amoureux de la viande, savourer un plat dominical peut devenir un véritable défi. Mais que se cache-t-il derrière cette dynamique ? Un fait marquant : 30 % du total des émissions de carbone d'un individu proviennent de son alimentation.
Documentaire : Un monde sans viande - l'assiette du futur
Alléger son bilan carbone
Sans surprise, les protéines animales représentent la portion la plus significative dans le bilan carbone d’un citoyen français. Cela est dû à l’élevage intensif, qui consomme énormément d'énergie, de terres et de céréales importées pour nourrir les animaux. Les données sont édifiantes : produire 1 kg de légumes implique environ 1 kg de CO2, tandis qu'il en faut trois fois plus pour le même poids de viande de porc. En ce qui concerne le bœuf, la production engendre 20 kg de CO2.
Et les produits laitiers, alors ?
L'empreinte carbone de l'élevage ne se limite pas à la viande. L'industrie laitière joue également un rôle significatif. La production d'1 kg de fromage à pâte crue génère environ 5 kg de CO2, ce qui dépasse l'impact d'1 kg de viande de porc. Ainsi, en 2023, peut-être devrions-nous envisager de réduire notre consommation de fromage !
Ralentir le rythme
Réduire la consommation de viande s'inscrit dans une démarche écologique cohérente. Cette option avait d'ailleurs été la première recommandation adoptée par la Convention citoyenne pour le climat. Selon le ministère de l'Agriculture, les Français consomment en moyenne 80 kg de viande par an, soit plus de 200 g par jour. Cela laisse une marge de manœuvre pour diminuer cette quantité sans la supprimer complètement. L'initiative « Lundi Vert », portée par des chercheurs de Grenoble et soutenue par 500 personnalités, recommande ainsi de remplacer la viande par des protéines végétales un jour par semaine. Une étude de la revue Science souligne que cette action pourrait même avoir un impact climatique plus fort que de privilégier des aliments 100 % locaux à chaque repas.
Faire le bon choix
Consommer de la viande moins souvent permet également de choisir des produits de meilleure qualité. Il est conseillé d'opter pour le logo « Viande et œufs de France », qui garantit que les animaux ont été élevés et abattus en France. Pour aller plus loin, privilégiez des élevages respectueux de l'environnement : ces acteurs locaux évitent l'importation de soja, soutiennent une agriculture diversifiée, et contribuent à l'économie rurale. Si vous n'avez pas accès à ces élevages, il est préférable de se tourner vers des labels bio ou Label Rouge, même si cela peut être plus coûteux. Cela garantit une viande de qualité, un meilleur soutien aux producteurs, et une empreinte carbone réduite.
* Tous ces chiffres proviennent de Le Monde sans fin, de Jean-Marc Jancovici et Jean-Michel Blain, publié par Dargaud (2021).







