Après plus de trente ans de diabolisation, le beurre et les graisses saturées voient leur image se réinventer, soutenus par des études scientifiques.
Avec son dernier numéro, le magazine Time pose un constat audacieux : il est temps pour les Américains d'arrêter de diaboliser les graisses. Au cours des dernières décennies, les acides gras saturés ont souvent été blâmés pour l'épidémie d'obésité, mais de récentes recherches soulignent qu'il est crucial de revoir notre approche, avec le sucre de plus en plus pointé du doigt.
Les origines de la guerre contre le gras
Dans les années 1970, la lutte contre les graisses a débuté avec une publication clé du ministère de l'Agriculture américain (USDA) qui recommandait d'éviter les graisses saturées. Malgré cette initiative, l'obésité continue de croître, touchant sept Américains sur dix. Pendant ce temps, les aliments riches en graisses comme le beurre et les produits laitiers ont été bannis, bien que de nombreux experts commencent à contester ce discours dominant.
Une vision biaisée du régime alimentaire
Des chercheurs affirment qu'il n'existe pas de preuve solide établissant un lien direct entre graisses saturées et maladies cardiaques. À l'inverse, la privation de graisses pourrait conduire à de mauvaises habitudes alimentaires, aggravant l'obésité et le diabète. Une étude de l'université de Cambridge, citée par Time, indique que la consommation excessive de glucides est désormais plus préoccupante que celle des graisses, ce que le cardiologue Rajiv Chowdhury met en avant.
Time fait remarquer que l'accent mis sur l'élimination des graisses a conduit à une augmentation des calories ingérées. En effet, en dépit des recommandations, les Américains consomment aujourd'hui plus de 2 500 calories par jour. Le vrai problème ? Les choix alimentaires n'ont pas été substitués par des aliments plus sains, mais plutôt par des alternatives sans gras souvent riches en sucres.
Innovations dans les habitudes alimentaires
La diététicienne Keri Gans souligne sur son blog que le changement des portions dans les restaurants et la fréquence des repas chez les fast-foods ont fortement contribué à l'épidémie d'obésité. Elle encourage une réintégration des graisses dans les repas quotidiens, en précisant que tout est une question de modération. "Un peu de beurre peut améliorer l'expérience gustative sans compromettre la santé", explique-t-elle, appelant à une prise de conscience quant aux portions et à la variété alimentaire.







