La bonne question.- D'où vient cette envie de grignoter un morceau lorsque l’ennui nous prend ? Les réponses d’une diététicienne et d’une médecin nutritionniste.
Des envies de sucré le dimanche matin aux collations devant un film durant un après-midi de vacances, l'ennui peut nous inciter à grignoter sans réfléchir. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène et nous aident à mieux le comprendre.
L'alimentation émotionnelle
Il est essentiel de préciser que cette sensation de faim n'est pas tout à fait réelle. Comme l'explique la médecin nutritionniste Elisabeth Millara, "On a envie de manger, mais ce n'est pas une sensation physique. En cas d'ennui, ce n'est pas l'estomac qui réclame, mais l'esprit." Ce vide, souvent ressenti, amène à chercher à se remplir physiquement en se dirigeant vers des aliments réconfortants.
Les douceurs, telles que les viennoiseries ou les friandises, attirent particulièrement notre attention. "Quand l'ennui s'installe, 90 % des choix alimentaires vont vers le sucre, car ce dernier envoie un signal positif au cerveau, qui dépend du glucose," souligne Florence Waxin, diététicienne nutritionniste. D'autres inclinations peuvent nous conduire vers des options salées comme le fromage ou les snacks, avec le même risque de surconsommation pouvant entraîner une prise de poids progressive.
Manger devant un écran potentiel augmente le plaisir associé à l'alimentation, amplifiant ainsi la tendance à grignoter.
Des racines éducatives
Le lien émotionnel avec la nourriture peut être renforcé par notre éducation. "Si l'on a grandi dans un environnement où l'amour prend la forme de nourriture, on finit par voir les aliments comme une source de réconfort," informe Elisabeth Millara. Ce conditionnement peut s'installer dès l'enfance, notamment lorsque les pleurs d’un bébé sont apaisés par un biberon, même si celui-ci n'a pas réellement faim.
Les envies de sucré peuvent également être liées à un taux de sérotonine bas, l'hormone du bien-être. Florence Waxin précise que ce manque se manifeste souvent en fin d'après-midi, entre 17 et 19 heures. Pour compenser, il pourrait être bénéfique d'envisager des compléments alimentaires pour remonter le taux de sérotonine.
Stratégies pour mieux gérer ces envies
Avant de céder à l'envie de grignoter, il est crucial de s'interroger sur la nature de nos pulsions : éprouvons-nous une "faim de corps" ou une "faim de tête" ? Si c’est la seconde qui s'exprime, il peut être utile de remplir ce vide par d'autres activités qui engagent l'esprit et le corps. Pour ceux qui trouvent difficile de résister aux grignotages, Florence Waxin recommande de fractionner les repas, en conservant certaines douceurs pour plus tard. La prise de conscience de ce que l'on mange est primordiale, car elle aide à ressentir plus aisément la satiété.
Enfin, substituer le chocolat par des fruits ne règle pas le problème sous-jacent. Selon la diététicienne, le pouvoir réconfortant d'une clémentine est bien inférieur à celui d'un chocolat, ce qui risque d'entraîner une consommation additionnelle plutôt que de résoudre l'envie de manger sans réelle faim.







