Avec l’augmentation des mentions sur les étiquettes, il devient facilement déroutant de distinguer les différentes certifications. Bien que le label bio soit clairement identifiable, des expressions comme « sans résidus de pesticides » subsistent, soulevant des interrogations chez le consommateur. Quelle est la distinction entre ces deux catégories ? Éclaircissons ce sujet.
Un sondage mené en 2017 par WWF et Ifop révèle que 93 % des Français croient que la présence de pesticides dans les aliments affecte leur santé. Ce chiffre illustre parfaitement l’intérêt croissant pour la qualité et l’origine des produits alimentaires.
Des recherches scientifiques établissent des liens entre certains composants chimiques et l’apparition de cancers ou des impacts sur la fertilité. Face à ces préoccupations, les étiquetages deviennent de plus en plus diversifiés, parfois trop complexes pour le consommateur moyen. Parmi eux, deux mentions, « sans résidus de pesticides » et « bio », peuvent prêter à confusion. Analysons ces notions.
Les aliments bio et l'usage de pesticides naturels
Selon Michel Duru, Directeur de Recherche à l'INRAE, « Les aliments bio sont issus d'une agriculture qui n'utilise pas de pesticides ni d'engrais synthétiques. En revanche, il est possible d'utiliser des engrais organiques et des pesticides d'origine naturelle. Bien que ces pesticides soient généralement considérés comme sûrs, certaines exceptions existent. »
Les aliments sans résidus de pesticides : un choix conventionnel
Pour ceux qui s’interrogent sur l’étiquetage « sans résidus de pesticides », il est important de noter que ces produits proviennent de l’agriculture conventionnelle. Ce label garantit qu’au moment de leur mise en vente, ces aliments ne contiennent pas de traces détectables de pesticides. Cela est rendu possible grâce à une gestion rigoureuse de l’usage des pesticides, en veillant à respecter un intervalle suffisant entre leur application et la récolte.
Ce label représente une solution accessible pour les foyers disposant d’un budget plus limité. Alors que la consommation de produits bio a explosé ces dix dernières années (avec des ventes multipliées par 3,5), un ralentissement a été observé depuis 2021, accentué en 2023 par une hausse des prix qui pousse les consommateurs à se détourner vers les produits bio coûteux. Ainsi, opter pour des produits sans résidus de pesticides pourrait être un compromis temporaire jusqu'à ce que les prix deviennent plus abordables.
Ce sujet mérite attention car la présence de pesticides reste liée à de fréquentes préoccupations sur les risques sanitaires.
Merci à Michel Duru, Directeur de Recherche à l'INRAE, pour son éclairage sur ce sujet délicat.







