Les amateurs de jambon doivent-ils revoir leur consommation ? L'Anses met en garde contre les dangers des nitrites présents dans les charcuteries industrielles, et plus particulièrement le jambon sous-vide. Cette agence a révélé que l'excès de ces additifs pourrait accroître le risque de cancer colorectal. Alors, quelle quantité peut-on consommer sans mettre en péril sa santé ? Absolument faut-il supprimer le jambon de notre alimentation ? Décryptage.
Les nitrites dans le jambon : de quoi s'agit-il ?
Les nitrites sont des conservateurs largement utilisés dans l'industrie agroalimentaire, en particulier dans la charcuterie. Leur rôle principal est de prolonger la durée de conservation des produits, de leur donner une teinte attrayante et d'éradiquer des bactéries potentiellement dangereuses, telles que la salmonelle et le botulisme.
Cependant, en juillet 2022, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a établi un lien significatif entre l'absorption de nitrites et l'accroissement du risque de cancer colorectal. D'autres types de cancers pourraient également être associés à ces substances, bien que les données actuelles demeurent insuffisantes pour une conclusion définitive.
Un rapport publié dans le numéro spécial "Premiers Prix" de 60 millions de consommateurs (novembre 2023) a révélé que certains jambons à bas prix vendus en supermarché contiennent des niveaux alarmants de nitrites. Face à cette inquiétude, faut-il vraiment arrêter le jambon ?
Quelle consommation est sécuritaire ?
Pour limiter les risques associés aux nitrites, l'Anses recommande de ne pas dépasser 150 grammes de charcuterie par semaine, ce qui équivaut à environ trois tranches de jambon blanc.
Il est également primordial d'avoir une alimentation équilibrée, incluant au moins cinq portions de fruits et légumes par jour. Ces aliments, riches en antioxydants, contribuent à atténuer les effets nocifs des nitrites sur la santé.
Ainsi, pour ceux qui dégustent fréquemment du jambon et de la charcuterie, il est conseillé de réduire leur consommation et de privilégier des alternatives plus naturelles, telles que :
- Du jambon sans nitrites, de plus en plus accessible dans les rayons bio.
- Des protéines alternatives comme le poisson ou les légumineuses.
Vers une restriction des nitrites dans la charcuterie ?
Dans le contexte de ces préoccupations sanitaires, un plan d'action gouvernemental a été instauré en mars 2023, visant à réduire, voire supprimer les additifs nitrites des produits alimentaires tout en maintenant un niveau de sécurité sanitaire adéquat.
Néanmoins, une suppression totale des nitrites exige une repensée de méthodes de conservation pour la charcuterie. D'après l'Anses, plusieurs solutions sont envisageables :
- Diminuer la durée de conservation du jambon blanc.
- Renforcer les contrôles concernant les conditions de salage et de température pour le jambon sec.
En attendant, les consommateurs doivent être attentifs et examiner les étiquettes des produits. Choisir des jambons labellisés "sans nitrites" et limiter sa consommation reste la meilleure stratégie pour atténuer les risques pour la santé.







