Une étude récente propose une vision nuancée des risques associés à la consommation d'aliments ultra-transformés, encourageant ainsi à ne pas les diaboliser tous.
Céréales, nuggets, biscuits sucrés, jus de fruits industriels... Ces aliments sont souvent pointés du doigt pour leurs impacts néfastes sur la santé. En effet, de nombreuses recherches les lient à divers problèmes de santé. Toutefois, la fréquence de consommation joue un rôle essentiel. Une étude publiée dans les Proceedings of the Nutrition Society indique que tous les aliments ultra-transformés ne sont pas à rejeter.
Distinguer les aliments ultra-transformés
Selon le chercheur principal de l'étude, Jimmy Chun Yu Louie, responsable de la diététique à Swinburne, le contexte de consommation est fondamental. Il souligne que condamner les aliments transformés dans leur globalité est inapproprié. "Les produits ultra-transformés offrent souvent des nutriments essentiels à des populations économiquement défavorisées et aident à réduire le gaspillage alimentaire grâce à leur longue durée de conservation. Tout le monde n'a pas accès à des aliments peu transformés et ces produits, lorsqu'ils sont nutritifs, peuvent être une option saine et pratique," précise-t-il.
L'étude ne prône pas la consommation systématique d'aliments transformés, mais incite à les évaluer différemment. "Par exemple, les boissons sucrées sont liées à des effets néfastes, tandis que les céréales enrichies et certains produits laitiers peuvent avoir des effets neutralisants, voire protecteurs".
Cela rejoint l'avis du nutritionniste Raphaël Gruman, qui, dans une récente interview avec Top Santé, a affirmé que tous les aliments ultra-transformés n'avaient pas la même valeur. "Si je devais en choisir un, ce seraient probablement les conserves de légumes ou de légumineuses simples, sans additifs ni excès de sel, car elles restent pratiques, accessibles et conservent une grande partie de leurs nutriments," déclare-t-il.
Les risques associés jusqu'à présent
Comme le précise l'Inserm, les risques déjà établis sont préoccupants : "De nombreuses études suggèrent que la consommation élevée d'aliments ultra-transformés est liée à un risque accru de troubles métaboliques, tels que le surpoids, l'obésité, le diabète, l'hypertension et même certains types de cancers. Bien que les mécanismes ne soient pas encore totalement compris, le microbiote intestinal joue un rôle clé, se révélant affecté par une ingestion importante de ces aliments. Cela peut perturber diverses fonctions comme la digestion et le métabolisme, dans lesquelles les micro-organismes intestinaux sont impliqués. Des recherches supplémentaires visent à mieux comprendre l’impact des substances présentes dans ces aliments, tant isolément qu’en combinaison."







