Commercialisées comme une collation saine et pratique pour les plus jeunes, certaines compotes de pomme ne sont pas aussi bénéfiques qu'elles en ont l'air. L'association 60 Millions de consommateurs met en lumière les manquements d'un produit en particulier.
Les emballages colorés et les slogans rassurants comme "bio" ou "riche en fruits" séduisent de nombreux parents. Cependant, une récente enquête menée par 60 Millions de consommateurs sur 43 denrées destinées aux enfants révèle une autre réalité. Près de 88 % de ces produits se classifient comme ultratransformés, incluant crèmes dessert, biscuits, et compotes, avec des ingrédients largement éloignés des aliments naturels.
Les dangers des aliments ultratransformés
Les aliments ultratransformés ne se contentent pas d'être simplement transformés. Ils intègrent souvent des additifs, arômes et émulsifiants, ainsi que des composés dits "cosmétiques", tels que le sirop de glucose et des isolats de protéines. Leur préparation suit des procédés industriels complexes, incluant fractionnement, extrusion et soufflage.
Au-delà de leur faible qualité nutritionnelle, les risques liés à l'ultratransformation sont préoccupants. Des études établissent un lien entre la consommation d'aliments ultratransformés chez les enfants et l'augmentation des problèmes de santé, notamment l'obésité, les caries et des troubles métaboliques comme le diabète de type 2.
Pourquoi les enfants en consomment-ils autant ?
D'après Kevin Hall, un chercheur américain, les aliments ultratransformés incitent à une surconsommation. Son étude de 2019 montre que des adultes nourris exclusivement de ces produits ont absorbé 500 calories supplémentaires par jour par rapport à ceux qui consommaient des aliments bruts en seulement deux semaines.
Chez les enfants, les choses s'aggravent. Ces denrées, souvent sucrées et faciles à mâcher, offrent un réconfort immédiat mais passager, les incitant à en consommer davantage. Le chercheur Antony Fardet, cité par 60 Millions de consommateurs, souligne que « l’ultratransformation modifie la matrice alimentaire, dérégulant la satiété et la prise alimentaire. »
Une éducation au goût compromise
De plus, l'ajout d'arômes et d'additifs tend à standardiser les saveurs. Les enfants, habitués à ces goûts accentués, risquent de s'éloigner des saveurs naturelles. "J'observe davantage d'enfants qui, hors des nuggets et cordons bleus, refusent toute autre nourriture", témoigne le nutritionniste Pascal Nourtier au sein de l'association de consommateurs.
Cette dépendance croissante aux produits hyper-appétissants pourrait expliquer le rejet des fruits et légumes. Ceci est d'autant plus grave quand on considère que 5 % des enfants en France souffrent d'obésité, et qu'un enfant obèse a 20 à 50 % de chances de le rester à l'âge adulte.
Sans vouloir culpabiliser, les experts préconisent de limiter la consommation d'aliments ultratransformés et de privilégier les produits bruts, ou ceux avec une très courte liste d'ingrédients. Pour les compotes, il est conseillé d'opter pour des recettes simples sans arômes ni additifs, ou encore mieux, de préparer soi-même les purées de fruits à la maison.







